16/09/2011

internet m'écoeure de tout 2.0


On entend souvent que les réseaux sociaux , twitter, les blogs et compagnie sont juste un repaire de "haters" toujours prêts à cracher sur tout. En fait, c'est juste un repaire d'oies qui n'ont pas demandé à être gavées par leur congénères tous les jours de la même chose et à ce stade de l'évolution on arrive au gavage industriel pour nous tous, oui vous aussi...et moi aussi.


Malheureusement voila, ce qui était (et reste) une bonne idée, de pouvoir se partager des contenus, les bons clips et le reste et faire découvrir a ses amis devient aujourd'hui un calvaire.


Comme absolument tout le monde est maintenant dans vos amis facebook, même la chose que vous aimiez le plus devient en quelque jours une source de dégout ultime.

Prenons pour exemple la série "Bref" sur canal +, super idée, super écriture, très drôle. Il y a quelques années, on aurait pris plaisir chaque soir a regarder cette pastille, à en rire et à partager avec ses quelques amis le lendemain au cours d'une discussion de 5 minutes le matin et c'est tout. On aurait pas passé la journée à se croiser ou s'appeler pour se dire qu'on a aimé l'épisode de la veille. Ou alors vous aviez un gros gros problème.

Aujourd'hui, au bout de 1mois seulement, c'est gavé, écoeuré, au bord de la nausée qu'on voit encore "bref" reposté 1000fois par jour sur les pages facebook de tout le monde, liké, sharé, bloggé, twitté, en d'autres mots, imposé.

C'est normal, c'est le principe, on aime, on partage, mais au bout du compte les réseaux sociaux n'auront qu'une finalité, te faire détester ce que tu aimais.

Si les éclairs aux chocolats étaient mon dessert préféré et qu'a chaque fois que je croisais quelqu'un dans la rue il m'en faisait manger un, ou il m'en mettait un sous le nez, je pense que mon amour pour cette pâtisserie s'évanouirait en une journée. Mais non, j'aime seulement les éclairs au chocolat quand j'ai envie d'en voir un.


Rien de révolutionnaire dans ce post, vous allez encore dire que je troll pour le plaisir, mais simplement l'envie de légitimer ce besoin de cracher sur tout, tout le temps, sur internet. c'est juste histoire d'évacuer le trop plein de gavage, on vomi, c'est tout, rien de grave !

En résumé, pour continuer à aimer sans fin, mieux vaut oublier les réseaux sociaux. Ca va complètement à l'encontre des années 2000 je sais. Mais pour préserver un peu de fraicheur à la musique, aux séries, aux artistes, rien ne vaut de se déconnecter.

Ce sera difficile aujourd'hui de se plaindre du fait que nous sommes rentrées dans une culture kleenex, qu'on aime et qu'on jette direct. Nous sommes maintenant les principaux responsables et diffuseurs. Non, on ne va pas se censurer, mais on sait maintenant ce qu'on fait. Ce n'est plus un problème de voir trop de choses, comme on pouvait s'en plaindre au début des internets 2.0, la démocratisation du "share" c'est aujourd'hui le problème de voir trop la même chose en boucle. Parce qu'elle est bien, parce qu'elle fédère, bien sur, mais a la fin, aussi cool soit elle, elle saoule.


Ce qui est rare était cher, mais maintenant ce qui est rare, n'est pas cool. Et comme nous vivons dans la dictature du cool, le personal branding, le "moi j'en fais partie", le "je suis comme toi mon voisin", "ne m'excluez pas de la culture globale", forcément l'oeuvre qui vit sa vie dans l'ombre et qui devient culte est une denrée périssable. Je n'ai rien contre le mainstream, je ne milite pas pour les artistes maudits, vous le savez, mais ce flux sans fin de la même image, du même clip, de la même série toute la journée me fatigue terriblement.


On se plaignait des radios qui diffusaient 10fois les mêmes titres par jour, de l'écoeurement que ça pouvait provoquer et pourtant c'était assez simple de ne pas écouter la radio et d'aller voir ailleurs. Aujourd'hui moins, on dirait.

A moins d'être un misanthrope digital, à la moindre connection tu es forcement assailli de "j'aime ça". Et le "j'aime ça" du voisin à de fortes chances de ressembler à celui de ton autre voisin, et au tien par la même occasion. Tu peux toujours essayer d'aller voir ailleurs, les internets ne sont pas si vastes que ça et d'ailleurs , je vous ai parlé de cette mini série pas mal sur canal ?

17 commentaires:

  1. Bravo, très joli post, résumant bien ma tendance à ne plus lutter contre ma misanthropie naturelle.

    Et je n'aime pas "Bref" : je trouve ça vulgaire et de nature à entretenir des clichés fatigants sur tout un tas de choses pas si intéressantes (le travail, les geeks...).

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  2. Moi j'aime bien "Bref". Par contre, voir que le groupe Facebook a déjà dépassé les 500 000 fans, çà me rend dingue.
    Je me rends compte qu'habiter dans un trou perdu ayant une population vivant au siècle dernier, permet de m'échapper au tsunami de la "coolitude kikoolol quotidien"; mais paradoxalement c'est l'inverse qui s'impose : je suis le seul (ou l'un des rares) à m'intéresser à ce genre d'OVNI.

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  3. En ce qui me concerne je ne suis pas du tout d'accord.

    Voir nos contacts afficher leurs préférences pour une musique, un clip, des photos pour la énième fois ne déclenche pas forcément un besoin frénétique de cliquer pour le revoir systématiquement.

    L'internet a fait un plébiscite à Bref mais comme tu le dis, ce n'est pas pour de mauvaises raisons. Au final ce qui agace c'est de voir ses goûts noyés dans une masses et avoir l'impression de perdre sa singularité.

    En ce qui me concerne, je ne partage pas cette série parce que tout le monde l'a fait avant moi. Je n'en parle pas à mes amis parce que je sais qu'il la connaisse déjà. Cette série n'a pas besoin de moi pour marcher, je ne serait pas son ambassadeur, je ne me creuserait pas la tête pour trouver des arguments chocs et la vendre à mes potes.

    Il n'en demeure pas moins que je la trouve excellente, bien écrite, drôle et qu'énormément de gens partagent mon avis, est-ce que ça doit me la faire détester pour autant ? Et ce que je dois m'horrifier d'avoir de temps à autre des goûts conventionnels ? En quoi ça dois gâcher mon plaisir de la regarder ?

    Il y a une différence entre se voir proposer un éclair au chocolat et être obligé de l'avaler de force. Aujourd'hui le choix nous revient. Pas comme il y a encore peu de temps quand les radios et les télés nous imposaient leurs contenus (on pouvait zapper certes, mais pour voir ou écouter quoi ?).

    Avant il fallait regarder Secret Story ou je ne sais quelle autre émission de télé-réalité bidon pour capter quelques choses aux conversations de cour de récré. Aujourd'hui le partage "à outrance" a fait émerger des vrais talents (Palmashow, Norman, 10minutesaperdre) et oblige les gros médias à s’intéresser à eux. Qu'on aime ou qu'on aime pas, on ne peut pas nier le travail et le talent qu'il y a derrière. Est-ce qu'on en serait là si tout le monde avait gardé ce petit plaisir égoïste pour briller à la machine à café devant 3 collègues ?

    Maintenant que le rapport de force a changé, je trouve ça aberrant de se plaindre parce qu'ON s'impose (en règle générale) de bonnes choses entre nous.

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  4. Je ne me plains pas. Le tableau n'est pas que noir, bien sur et tu as raison sur certains points. C'est tout simplement un constat, sur le fait que l on est parfois en overdose d un contenu avant meme de l avoir soi meme consommé. L overconnectivité n a pas que du bon.

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  5. D'accord mais dans ce cas on touche a un problème plus en rapport avec notre limite d'être humain à gérer un nombre d'interactions limitées. On est passé en 10 ans de 10 potes à qui on parle régulièrement, à 600 qui balancent la moindre conneries sur Facebook. Et encore pire sur Twitter.

    C'est un débat intéressant car il traite d'un phénomène nouveau. Il y a chaque jour plus de gens qui viennent "participer" sur le web et la solution je crois que c'est simplement d'apprendre à gérer ses flux d'informations, à les organiser et surtout à les sélectionner (créer des cercles d'amis proches, restreindre les personnes qui s'affichent dans nos notifications, filtrer ses contacts Twitter, etc...) pour éviter justement d'être "saoulé"... Mais je pense aussi cette "over information" agit un peu comme une drogue dont il est difficile de se passer de peur de louper un truc et passer pour un abruti !

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  6. exactement.
    c'est pour cela que je ne remets pas en cause la qualité des contenus, mais seulement la manière dont on les recoit aujourd'hui.

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  7. très bon billet même si je ne partage pas votre avis. Internet, ce n'est pas QUE facebook ou QUE google ! le partage de la connaissance non plus il y a des tonnes de tutoriels, de sites d'infos, de très bon blogs, etc... mais pour ça, il faut accepter de faire autrechose que laisser son temps de cerveau libre à facebook...
    Internet et le partage de connaissances, ça a aussi permis ce projet collectif http://owni.fr/2011/09/14/syrie-des-hackers-font-tomber-le-mur-de-la-censure/ totalement aux antipodes de ce dont vous parlez.

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  8. ju ce n'est pas un article sur internet, mais sur les reseaux sociaux et le partage de l'entertainment. c'est assez ciblé. C'est comme si j'avais ecris un article sur le dopage dans le cyclisme et que tu me me disais que le sport c'est aussi le tennis.
    je comprends ton point de vue, mais c'est un autre sujet ;)

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  9. Rien ne t'oblige a fréquenter ces réseaux sociaux qui te font tant vomir dernièrement. Facebook et Twitter offrent l'opportunité a tout un quidam de s'exprimer, les gens postent ce qu'ils aiment et au final on aime plus ou moins les memes choses...
    J'ai l'impression que cette accessibilité et redondance des contenus invite tout particulièrement les "haters" comme tu dis, a vouloir se différencier encore plus de ces quidams: ce sont ces hipsters qui ne veulent pas aimer ce que les autres aiment/connaissent deja, partant a la recherche du dernier EP du dernier label de house acoustique filtrée de la banlieue de Londres... Et puis si c'est cool, l'info est vite relayée et tout recommence.
    J'ai aussi eu une overdose des réseaux sociaux mais seulement parce que j'y étais H24 finalement. Faire une pause ou les utiliser moins souvent, ça aide a faire le tri dans l'info (quand il y en a). Haters gonna hate (et je suis une grosse hateuse): hennir n'a jamais été qu'une perte de temps, alors qu'il est si simple de se foutre de tout ce bruit pour rien... (comme Bref, je connais pas, et je m'en fiche).
    "Bref" tu ne peux pas en vouloir a autrui de poster des vidéos de chat, tu ne peux t'en prendre qu'a toi-même de te prendre le chou (désolée pour les accents, clavier qwerty) mais je continue de lire ton blog

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  10. Ya de quoi devenir fou avec vos réponses les gars. OUI on peut ne pas aller sur les réseaux sociaux, ça n empêcherait pas ce qu il se passe. Les réseaux sociaux ont réduit la durée de vie des produits culturels par leur surexposition. Point. C'est un fait.
    Tu peux aller vivre sur une ile déserte et aimer ce que tu veux loin du monde extérieur ça ne changera pas ce fait. Donc oui c'est un constat, qu on le veuille ou non. Je reprends l exemple cité plus haut : que je regarde ou non le cyclisme ça ne changera rien au dopage, et si je décide de le regarder je peux pointer du doigt ce phénomène . Le fait de me dire "tu n'es pas obligé de regarder le cyclisme" n'est pas une réponse en soit.
    Le fait est que twitter ou Facebook est un accélérateur de notoriété pour un programme et le rend périmé et périssable plus rapidement. Pour le reste, chacun vit ce qu il veut. En plus si maintenant les LOlcats sont aussi inclus dans les productions culturelles , effectivement on ne vit pas Dans le meme monde..:)
    mais merci de lire le blog ! ah ah

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  11. non je persiste ! tu CHOISIS les gens que tu suis sur les réseaux sociaux ! en ce cas, tu peux donc CHOISIR de suivre des gens qui sont très loin, différents culturellement, etc. ou tu peux CHOSIR de suivre des trentenaires et quadras parisiens qui vivent tous pareil et regardent les mêmes choses à la TV ! Tu citais l'exemple de Bref, je n'ai eu qu'un sel de mes contacts sur FB qui a fait tourner la video du truc... encore ue fois, c'est TOI qui décide de ce qu'il y aura sur ton écran. Pas les autres.
    après, je suis peut etre un cas particulier, je te l'accorde.

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  12. Oui il faut un prendre un peu de hauteur sur son cas particulier. Bref, est un exemple d actualité comme j aurais pu en prendre d autres et pas sur la typologie des trentaines(cinéma, musique, télé, peu importe la cible). Les réseaux sociaux sont devenus par dérive un accélérateur de date de péremption sur les produits culturels. C'est un fait, peu importe son cas personnel, c'est un fait de société qui change la consommation de l entertainment.
    " Il y a la guerre en libye" " ouais mais t es pas obligé d y habiter, moi meme je n y habite pas, donc je ne vois pas le problème". Ah d accord.

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  13. je parle de as particulier parce qu'en moins de six mois : Egypte, Soudan, Tunisie, Syrie et ai vécu en Asie du sud est avant. Et LA Libye c'est pour le mois prochain normalement... donc mes réseaux sociaux sont aussi le reflet de ça. Rare que j'ai des buzz franco-français dans la machine. Moins facile quand les gens ne bougent pas.
    Mais rien ne t'oblige à ne pas chercher des comptes asiats et écouter la musique que font tourner ces gens.... Internet est aussi un accelerateur de connaissances en terme culturel... mais encore nue fois cela dépend du choix. Tu m'as inspiré un billet, maintenant l'écrivant, une petite "réponse" je te tiens au jus !

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  14. Tout ça ne fait pas avancer la sortie de Drive au cinéma.
    Et ça faudrait pas l'oublier.
    Merci d'avance.

    Johan.

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  15. ca y est, le billet sort demain à 7H30 sur http://seteici.midiblogs.com

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  16. C'est vrai qu'on ne laisse aujourd'hui plus le temps aux "produits culturels" de murir, de se faire une place et une histoire. D'un autre côté de plus en plus de produits sont faits pour être périmés en quelques mois... Ca se voit surtout dans la musique.
    Le ton un peu haineux du billet m'a induite en erreur... :)

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  17. Je trouve que la synthèse que l'on peut tirer entre l'article et les commentaires de J. et les commentaires de Jimmy est vraiment intéressante, voilà ce que j'en pense:

    Les informations, les échanges culturels et de toute autres natures tournent de plus en plus vite, la machine s'accélère notamment grâce au réseaux sociaux, au niveau de l'artiste ainsi qu'au niveau du consommateur d'art cela a du bon comme du mauvais.

    Au niveau humain on a effectivement plus de facilité à trouvé au beau milieu de cette océan d'infos la pépite qui rassasiera notre soif de nouveauté, aussi bien la vidéo "golri" qu'on a téma sur le net que l'oeuvre de *peu importe l'artiste dont le travail nous séduit*, mais le contre coup c'est que l'objet de l'attention en se faisant passé aussi rapidement d'humain en humain va se périmer beaucoup plus vite (pour reprendre ton expression J.).
    C'est pas que dès lors qu'il devient assez populaire pour que tout le monde (ou presque) en parle il faille arrêter d'aimer ce que l'on aime,non, sinon j'aimerais ni les Stones, ni le Coca, ni le soleil, ni les nanas, ni la campagne, ni quoi que ce soit en fait (ce qui serait tout de même une perte assez conséquente) mais c'est qu'à partir de ce moment là chacun y va de son avis personnel, les haters haïssent, les lovers aiment, les autres s'en branlent et ainsi de suite. Le truc c'est que comme on raffole des belles pépites on passe notre temps à les dénicher et donc on devient de plus en plus accro à ces nouveaux outils (en plus notre nombre ne fait qu'augmenter de jours en jours) et comme on passe plus de temps dessus à faire notre sélection et à y laisser nos traces de doigts sur les claviers et les souris, à cela on y ajoute le tas de fois ou en parle avec des potes,ou avec Michel tu sais c'est le mec un peu sur la réserve mais que tu croises tout le temps à ton boulot et puis tu lui dis "Salut !" et puis tu sais pas trop sur quoi enquiller comme sujet de conversations alors tu lui parles de ce truc pas mal que t'as vu hier soir, il a l'air de connaître en plus, chouette ! Vous allez pouvoir meublé un peu l'ambiance morose de ce lundi matin au taff ! Bref, à force on fait vite le tour de la question, des enjeux et des limites de ces objets "culturels", ce qui fait qu'on a envie d'arrêter de se les ressassés de plus en plus tôt après l'apparition de ces objets donc on a plus vite envie de passé à autre chose (un autre objet).

    Le problème qui se pose c'est que si on continue a passé aussi vite à autre chose, les créateurs vont devoir créer plus et plus vite, et les consommateurs vont devoir bouffer à la même vitesse, alors on risque de vouloir nous servir de la bonne grosse daube industrielle à la chaîne et en fera assurément une mega indigestion collective.

    Il serait peut être temps de se déconnecté, d'arrêter de penser cooolitude/branchitude, de penser "il faut que ça tourne, c'est bon pour le bizz gamin! ", ou encore "ça fait le buzz", et se ruer sur tout et n'importe quoi comme des acharnés.
    Il serait grand temps de penser qualité plutôt que quantité et de se satisfaire d'une culture frugale mais raffinée.

    Il est grand temps de vivre, n'est-ce pas ?

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