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02/06/2010

"moi mon dieu, c'est Johnny !"



Non, ce n'est pas moi qui le dit, mais un fan de notre star nationale, il y a quelques années dans une émission télé, peut être bien confessions intimes.
Si je pense à cette phrase, c'est qu'à l'époque ce qui pouvait sonner ridicule et risible est aujourd'hui devenu presque touchant et quelque peu anachronique. Pas le fait d'aimer Johnny, mais le fait d'être dévoué à un chanteur, à un groupe, à un artiste en général.

Il y a quelques jours, un analyste musical américain écrivait sur son blog " aujourd'hui les gens achètent les Black Eyed Peas, mais il ne croient pas en eux, les gens croient en Apple". C'est terrible, mais malheureusement vrai.
Encore une fois, vendredi dernier, les médias attendaient de voir les files d'attente des fans de la pomme pour la sortie de l' iPad. Des files d'attente ? Quand voyait-on des files d'attentes devant les magasins avant ? A la sortie d'un album ! ( un peu à la manière de mon post sur DM en dessous). Les gens attendaient l'ouverture des disquaires pour avoir l'album en premier, tout de suite, dès sa sortie. Ils n'attendaient pas un aspirateur ou un micro onde, mais une oeuvre, une prise de position, un message. Ils étaient là pour célébrer une création. Un disque, soit, mais un objet qui contenait un parti pris artistique, peut être politique, peut être un message pour les aider dans leur vie, mais en tous cas quelque chose d'humain.
Maintenant on fais la queue pour un contenant, un objet qui ne dit rien sans ce qu'on mettra dedans. De toutes façons, sans disque, avec la musique dématérialisée, c'est certain qu'il n'y aura plus de grand messe de sorties d'album. Mais bon, de là à se rabattre sur un objet. En soit, ça ne me dérange pas qu'on veuille à tout pris posséder un objet et en retirer un plaisir dans son utilisation. Je n'échappe pas à la règle. J'aurai l'iPad, comme j'ai eu un iPhone, un iPod, une Playstation, ou un Walkman. Simplement, je ne camperai pas devant un magasin, comme j'ai pu attendre devant un disquaire pour la sortie de Season in the abyss de Slayer, Blood Sugar Sex Magic des Red Hot Chili Peppers ou And Justice for All de Metallica…

Je suis content que mon iPad ou mon iPhone me donne la possibilité de me divertir, mais ça me fait mal au coeur d'avouer qu'effectivement aujourd'hui on achete de la musique presque au poids et qu'on vénère la machine.
Le dieu ce n'est plus Johnny. Le dieu c'est la machine.

Je n'ai jamais trouvé ça idiot que les rockstars soient des sortes de demi dieux pour les fans. On a toujours eu besoin de héros, de repères lointains qu'on n'atteindra jamais. Besoin de voir des gens qui font ce qu'on n'osera peut être jamais faire, dire ou même penser. C'est en cela qu'on y croyait, toute la force émotionnelle liée à la musique résidait aussi dans la personnalité et le charisme de ceux qui la faisait.
Tout ça s'évapore petit à petit. La perte du support disque, c'est la perte de l'écrin. La recherche de la rentabilité, c'est la perte de la créativité, et petit à petit de l'uniformisation du son et du discours. Il n'y a pas une tête qui dépasse aujourd'hui chez les artistes, c'est bien triste.

Alors quoi ? On se tourne vers la technologie, vers les marques qui nous promettent un futur plus simple, plus "fun", plus connecté, tous ensemble sous un logo. En vouant un culte à un groupe, on avait l'impression d'exprimer une certaine singularité, et même si nous étions des millions à partager cette pseudo singularité, c'était plutôt sain. C'etait humain et vivant. Et les artistes étaient de toutes façons des gens singuliers. Profondément.
Aujourd'hui on préfère se sentir tous connectés, avançant d'un même pas. Le plus de "friends", le plus de "followers", le plus possible avec le même terminal pouvant dialoguer avec celui de son voisin. C'est réconfortant. On existe. Enfin, on le croit.

On vénère la technologie, le futur, l'objet. On fini même par lui donner notre confiance. On le laisse être notre cerveau, notre mémoire. Pourquoi apprendre ? A travers cet objet, Google répondra. Wikipedia saura. Youtube divertira.
Pas étonnant qu'on vénère aujourd'hui l'objet technologique plus que l'artiste. L'objet nous promet qu'on ne sera pas moins idiot que notre voisin, qu'on aura les mêmes chances que lui, les mêmes références. L'artiste nous disait qu'il fallait être soit même et croire à ce qu'il y avait au fond de nous.
Sauf qu'aujourd'hui la musique des black eyed peas est quasiment la même que le son à l'ouverture d'un ordinateur ou que celui du micro ondes qui tourne. Pas étonnant qu'on fasse la queue pour un téléphone en comparant les gigabytes de musique qu'on y mettra, plutôt que de trépigner d'impatience pour un disque. Et puis un album d'untel, finalement, il a le même son qu'un autre. Presque les mêmes titres d'ailleurs.

Il n'y a pas de morale à cette histoire. La machine prend le pas sur la création. La création se fait avec des machines. Alors quoi de plus normal qu'on accorde plus d'importance à cette machine qu'à l'artiste. De toutes façons, les artistes on ne sait plus vraiment ce qu'ils ont à dire. Surtout aujourd'hui. "Moi mon dieu c'est Will. I. Am. Moi mon dieu c'est Justin Bieber", avouez que ça sonne presque plus ridicule que "mon dieu c'est johnny".
Des chanteurs, des groupes un peu insipides il y en a toujours eu, c'est certain. Mais aujourd'hui il n'y a plus que ça. Vraiment. Vous trouverez peut être ridicule que tout le monde ai le même son à la radio et que tout semble sortir du même tuyau, mais même l'underground reprend des postures déjà maintes fois utilisées et usées, dans l'espoir de survivre. C'est même parfois pire que le mainstream :
_"Hey, tout le monde a bien mis sa panoplie pour rentrer dans les critères de sélection de l'indie et de la hype ?"
_"Ok, on peut sortir maintenant".
_"Attend j'ai l'impression qu'on fait un peu trop propre, on risque de ne pas parler de nous dans la presque rock. Je vais marcher sur tes baskets, qu'elles fassent un peu clochard ! En plus on a fait le disque sur Protools, mais il faudrait que ça sonne un peu crade quand même, que les inrocks nous prennent au sérieux, qu'on ne passe pas pour un produit "
_"par contre si tu pouvais mettre une tête de Gnou sur un mannequin assis sur un trottoir pour la pochette, ce serait bien, parce que tout le monde utilise des animaux dans les disques bien chroniqués sur Magic ou Vice, faudrait pas se planter, faisons comme les autres".
_"ouais mais on le met ou le néon ?"
bref.

Et puis maintenant, la musique c'est passer son temps à voir des blogs qui énumèrent des chiffres sur l'industrie du disque, des chiffres de streaming, de téléchargement, de deal, de cloud, des graphiques, des pourcentages, des datas. Mais sinon, vous avez entendu parler d'un vrai groupe aujourd'hui ? Vous avez envie de vous lever pour un disque ? Vous avez vibré pendant des mois en écoutant un album qui ne ressemble pas à celui du voisin ? Vous avez lu quelque chose sur ces sites qui parle de célébrer la création et la musique ? Pas vraiment, ou dans une tartufferie sans nom on met sur un piedestal des disques qui seraient passés directement par la case "minable" il y a quelques années.
On tente d'effacer la mémoire collective. Mgmt nous refait un ersatz de Piper at the gate of dawn de Pink Floyd, presque note pour note et cherchant le même son, au lieu de les mépriser et de les renvoyer à leurs études, on les encense…"chut….on ne dit rien, on a que ça sous la main pour en faire des héros". (vous allez dire que je n'en ai qu'apres eux, mais leur dernier disque est tellement symptômatique de l'époque, de part son contenu et la réaction de la presse, désolé.)
Que reste-t-il à célébrer ? Des classiques, oui et seulement des groupes ou des disques d'il y a 10, 15, 20, 30ans. Des futurs classiques il n'y en a plus, le reste, ce qu'on nous offre aujourd'hui, c'est juste une bande son instantanée, juste des gigabytes qui passent de disques durs en disques durs, ou qui se streament.

Comment, le streaming c'est nul car on ne possède pas la musique ? Mais qui veut posséder ce qu'on nous offre aujourd'hui ? l'écouter suffit. De toute façon demain on sera déjà passé à autre chose. Aucun groupe n'a plus le pouvoir d'envoutement, ni les moyens d'essayer, ni peut être l'envie d'être singulier, de se démarquer.
La faute au public volatile, la faute aux groupes qui ne savent plus fédérer ? la faute à la mondialisation de l'information qui chasse la précédente ? le téléchargement ? Je ne sais pas, en tous cas, c'est aujourd'hui le néant. Mais tout ça n'excuse pas le manque de personnalité.
Personne ne s'est jamais demandé avant si il allait gagner de l'argent en faisant ce qui lui plaisait. Maintenant, quand on dit musique, on dit "industrie" et "pourcentage" et chaque période de l'année essaie de vendre sa tendance, son son, son groupe, et demain un autre. La foi, elle a disparue au profit de la mode (qui cache le désire de rentabilité).

Pendant ce temps là, du coté de l'industrie, la vraie, on me dit que mon objet est révolutionnaire et magique. Bizarre, mais bon. Et puis, je sais que mon flipper HD 3D sur l'iPad il me coutera 3€ et j'en aurai pendant des mois, alors je vais l'acheter. Moi, mon dieu maintenant c'est la machine. Comme tout le monde. Et comme ça je pense moins à la musique qui me fatigue de se plaindre.

27 commentaires:

Dahlia a dit…

Samedi matin au Virgin de Toulouse, ils ouvrent à 8h du mat pour la sortie du nouveau roman de Stephenie Meyer... *big smilet freedent*

Anonyme a dit…

De la sincérité et un message ça se trouve encore chez certains artistes d'aujourd'hui, il faut juste regarder ailleurs que dans les inrocks ou vice, chez les artistes qui s'en foutent de buzzer, qui joueront dans des petites salles pour moins de 10 euros et qui parleront même aux fans à la fin.
http://www.youtube.com/watch?v=d0swGZXbW7I&feature=related

j. a dit…

je ne doute pas de la sincérité des artistes. même les black eyed peas sont sinceres dans leur démarche. Même un groupe de reprise des beatles peut être sincère, même le plus mauvais groupe de bal comme la plus grande star peut l'être.

On est juste en manque de singularité et de personnalité.
Ce sont des concepts bien différents.
Je peux avoir un message et croire en ma musique tout en jouant la même que le voisin. Est ce que ça vaut le coup d'y preter attention pour autant ?

je n'ai rien contre Flatliners, mais quoi de plus que le 120 000000 groupe enfanté par Bad Religion. Est ce qu'ils "riffent" autrement, est ce qu'ils chantent autrement ?
On a jamais eu besoin de 2 Bowie, de 2 Metallica ou de 2 U2. Alors pourquoi aurait-on besoin de 1000 fois le même groupe. C'est un autre débat.

Oui, ils sont sans nul doute hyper cools, et hyper a fond dans leur truc je te l'accorde. Mais ce truc on le connait, il a été cloné trop de millions de fois. Ca fonctionnera sur les kids qui se foutent d'ecouter ce qui se faisait avant, mais ça s'arrete là.

Sincère, oui. Singulier, pas vraiment. Invisible derriere la hype, certainement ( ou malheureusement )

Branislav a dit…

Je pense que les gens ne se sont pas reportés sur les machines par passion pour la technologie, mais précisément par manque d'intérêt pour le son post-moderne. Effet amplifié par la réduction progressive du rôle de la musique dans les grands media. Ouvre le dernier numéro de "Voici", tu verras que les artistes musicaux sont rares comparé à il y a 20 ans.
En revanche, une ex-mannequin avec un iPad qui dépasse de son sac, tu devrais trouver.

Maintenant, comment fait-on ? Je dirais "on ne fait pas". Il n'y aura plus jamais de star rebelle mainstream comme on les aimait.
Culture fragmentée, aliénée, mixée donne une musique protéiforme dépourvue d'identité au sens où nous l'entendons nous.

Bref, il faut s'en contenter, et toujours faire l'effort de comprendre ce qu'aiment les jeunes dans la musique d'aujourd'hui. Ça évite de vieillir prématurément.

Bran is Love

L. a dit…

Sérieux, ça fait combien de temps que vous avez pas lu les chroniques de Vice?

Détail flippant, l'iPad est un controleur midi pour ableton.

Happiest Girl a dit…

Excellent article, et merci pour le post précédent sur DM que j'ai revu hier soir.
Oui, j'aurai probablement un Ipad, mais la première (et la seule...) devant le Virgin du coin à attendre son ouverture pour me jeter sur mon édition deluxe de SOTU le 20 avril 2009, c'était moi.

j. a dit…

on est bien d'accord que la musique a perdu de sa superbe et est aujourd'hui 1 pole de divertissement au mileu du reste, non plus quelque chose qu'on porte en étendard.

Ensuite Voici n'a jamais mis Anthony Kiedis, James Hetfield ou Dave Gahan en couverture. ca ne me choque pas plus que ça et ça ne change pas beaucoup. Le people a changé, mais les people de la musique n'ont jamais été légions.

D'accord, on s'en contentera, juste comme "génerique du quotidien". On aimera des "titres", des sons, bien sur, et ca n'ira jamais plus loin.
Ca n'empechera pas de regarder les heros de la pop avec une certaine nostalgie. Parce ceux que nous avons aimé ces dernieres années sont les derniers.

Flo a dit…

Pour ce qui est du rock, tellement de choses ont déjà été faites, c'est donc dur je pense pour les artistes d'aujourd'hui de ne pas être influencés premièrement et ensuite de se démarquer par rapport aux groupes qui les ont enfantés. Ensuite il faut voir comment ça se passe ailleurs parce qu'en France, niveau rockstars, têtes qui dépassent de la meute on a pas toujours été gâtés et les gros médias ne s'y sont jamais vraiment intéressés (enfin pour mon époque).

rongo rongo a dit…

Comme dit une chanson de Saez : Production, blé, pognon ...
Production, blé, pognon ...

Damien Saez a quitté sa maison de disque pour ne pas finir en sonnerie de téléphone.
Il en sort un album autoproduit "J'accuse" qui m'a réellement scotché.
On aime l'homme ou on le déteste mais cet album sonne vrai. J'ai beau l'écouter jusqu'à l'usure, je n'y vois que sincérité. A écouter d'urgence... D'ailleurs il dit lui même que cet album lui ne rapportera rien car il doit en vendre 150 000 albums pour se rembourser.
ça nous change de toutes ces daubes formatées... Je suis allé le voir sur scène pour me faire une idée plus précise.
D'abord les musiciens qui l'accompagne son excellent.
C'est du gros son pour du rock français, très bourrin. Ce qui m'a réellement étonné car je m'attendais à un concert pour midinette. Les musiciens ont joué deux morceaux instrumentales pendant le rappel, histoire d'envoyer du bois.
Bref. Je dirais un artiste, un vrai, comme il en reste peu. Respect des textes et du public.
Il ne faut pas s'arrêter à l'homme et écouter ce qu'il a à dire.

Voila encore un peu d'espoir du coté des artistes. J'aimerais que des personnes puissent dire un jour : "Mon dieu, c'est SAEZ".

Pour info, moi je n'aurai jamais un produit APPLE : Supporte pas d'être forcé à utiliser iTUNES qui porte bien son nom.

j. a dit…

Oui en france on a pas toujours été gaté par le traitement de la musique dans les medias.
Mais bon, à l'époque ou internet n'existait pas ca ne nous empechait pas de se mettre dans les oreilles des groupes incroyables ou d'aller à des concerts.
Il n'y avait pas l'acces ou tout, il n'y avait pas l'acces à l'information sur tout ce qui se produisait, et pourtant on a réussi a vivre avec le son qu'on voulait et des scènes musicales qui pourtant existaient dans un anonymat certain.
Encore une fois, un autre débat à lancer :)

@L. ok je retire ce que j'ai dit sur VICE, ils ont mis 0 a the XX. bravo.
il faut juste qu'ils arretent de faire des articles sur les tshirts de slayer ou de sonic youth en allant les pomper sur les blogs de fans :)

Anonyme a dit…

Bienvenue chez le blog réac'. Le blog qui ne lit que les Inrocks ou Vice, qui critique ces derniers mais les aime car ils ont pas aimé les XX (ah oui, ça le fait de penser ça, puisque tout le monde aime ça ..) : si un jour tu mets un O à Lady Gaga là je te trouverais cool.

Ensuite ton "Pas étonnant qu'on vénère aujourd'hui l'objet technologique plus que l'artiste." Qui est ce qui vénère ? Pas moi en tout cas, il faut simplement que tu te mettes au goût du jour et cesse de ressasser des vielles rengaines avec trois arguments tout en disant à côté 'toute façon je compte avoir un iPad'. WTF ?

L'objet technologique reste un support comme le CD était un support. Là on croirait avoir à faire à un réac' critiquant l'arrivée du CD après la cassette audio ou de la cassette audio après les vinyles. Bon dieu, la seule différence c'est que oui, nous sommes plus connectés, nous avons plus conscience d'être parfois des moutons mais bon, tout le monde le sait depuis des lustres. Je regrette aussi le support mais je n'en ferais pas tout un plat car je continue à acheter des cds malgré iTunes. Et pour ton info, toi qui tient tellement aux "queues", ce ne sont que des images, des symboles pour la télévision que tu sembles regarder beaucoup plus que moi. Plus du 3/4 des gens n'abandonneront jamais le support CD (c'est à dire n'achèteront pas leur musique à 100% avec un modèle de souscription du genre Spotify): voilà la réalité.

Alors après avoir vu des articles critiquer la loi Hadopi, puis les maisons de disque puis ensuite la technologie tu nous ressors quoi la prochaine fois ?

En tout cas de mon côté, je ne m'en tiens pas à la lecture des inrocks que tu détestes tant, je suis des groupes qui me passionnent et dont tu ne sauras jamais le nom toi qui te préoccupes tellement des BEP ou de Justin Bieber, eux je ne veux pas en entendre parler.

Et on dit "piédestal", j'ai pleuré en voyant la faute.

Montel a dit…

le rock, ça a plus de 50 ans maintenant...ça devient forcément difficile à renouveller.

Il y a pourtant encore des groupes qui y arrivent, je pense : Gorillaz, Gnarls Barkley, Rammstein, les Roots ou encore System Of A Down ont leur son à eux.

tout espoir n'est pas perdu...même si effectivement ça n'a plus autant d'impact.

j. a dit…

@ Anonyme. je ne lis ni les inrocks ni vice, c'est simplement des exemples, ne soit pas si terre a terre. tout comme ma boutade sur la review de the XX. j'ai l'impression qu'il faut mettre des lol à tyout bout de chant aujourd'hui pour que les gens comme toi comprennent.? C'est usant.

Ensuite, je crois que tu ne saisis pas vraiment le sens de cet article. Rien de reac; je suis content de l'arrivée de support. J'ai des vinyls, des cd ,des mp3 et j'en suis heureux.

On a jamais vénéré les supports. On les utilisait sur une machine.. Aujourd'hui on venere la machine. Point à la ligne.
Des cds je n'en achete plus un seul, et je m'en contrefous, mais d'etre totalement progressiste n'empeche pas d'être réaliste.

Cet article n'est pas un avis de reac, ce sont des faits, simplement des faits dont je ne suis pas responsable.
Enfin, peut etre que si tu sors dans la rue tu t'en rendras compte et ta réalité sur les 3/4 des gens attachés au cd, on en reparlera.

Arrete ta posture de snob de la musique avec "des groupes dont tu ne connais pas le nom", l'important c'est "des groupes que j'aime et qui font de la bonne musique" peut importe pour 10 ou pour 300 personnes.
Des groupes dont tu ne connais pas le nom, il y en a plein les caves et ce n'est pas pour ça qu'is sont meilleurs que ceux qui vendent des millions de disques. Argument de cour d'école assez minable.

Ensuite les medias et l'industrie ont choisi depuis toujours le mainstream, sauf qu'a une epoque pas si lointaine le mainstream acouchait aussi de bonnes pépites. On a le droit de le souligner.

Il faut de tout pour faire un monde.

je ne critique pas la technologie, tu n'a vraiment rien compris. La technologie c'est genial. C'est la façon de l'appréhender qui est aujourdh'ui parfois limite.

merci de lire tant d'articles qui t'enervent et merci pour la faute, ça arrive.

j. a dit…

ps. j'ai parfois envie de m'acheter un panneau "SARCASME" comme dans Big Bang Theory pour mettre a droit a gauche dans les articles

f. a dit…

Comme toujours j'adore lire les commentaires dans les blogs car il y a quelque chose de fascinant à observer avec internet : l'incapacité des gens à communiquer via ce support. On cumule une superposition d'échanges et d'idées, où chacun a juste envie d'exprimer son avis et crier (écrire) plus fort que l'autre.
Je ne comprends pas le commentaire de Mr Anonyme , qui va prendre 3 idées de l'article et les détourner comme bon lui semble, pour servir son propos et enfoncer celui de l'auteur sans chercher à le comprendre...

Pour finir cette petite aparté, cet article expose des faits intéressants qui peuvent être certes critiqués et donner naissance à de nombreux débats. Mais apparemment on s'attache plus aux 3 blagues citées qu'au phénomène sociétal mis en avant.

Dommage.

Anonyme a dit…

Pour ce qui est des XX ça peut être du sarcasme mais je me rappelle que tu en avais parlé lorsque tu parlais (encore une fois) qu'il manquait de star ou un truc du genre.

Ensuite le "Aujourd'hui on venere la machine." je ne capte toujours pas. Une phrase lancée en l'air que ton article n'explique pas. Encore une fois on ne vénère pas la technologie ni la machine, on s'en sert comme on peut. Le ipod est une mode comme le fut le vinyle ou le discman. Ce n'est pas ça qui me ferait peur.

Ce qui me fait peur c'est plutôt la qualité de tout cela. Des milliers de blog, tu en parles aussi, on ne sait plus ou aller chercher de la bonne musique et les médiums n'ont plus la puissance qu'ils avaient avant. Ils s'apelle maitenant YouTube, etc. Ca me fait peur autant pour la qualité de la musique que l'on écoute que pour la photographie, tout le monde se prenant pour un photographe avec son iPhone.

On est pas dans une vénération de la technologie. On est dans une vénération de soi même, celui qui essaie d'écrire avec son blog, celui qui essaie de prendre des photos, celui qui essaie de se mettre à la musique, etc. C'est ça qui est plutôt contradictoire avec la "machine" : elle nous permet de faire des quantités de choses mais au final, on ne fait rien.

Les queues pour aller chercher un ipad remplacement les queues pour aller acheter un disc. Mais les queues immenses que font les gens pour aller voir un concert ? Au dernier souvenir que j'ai, les musiciens jouent encore sur des planches en bois. Donc je ne vois toujours pas le but de ton article puisqu'au vu du marché du live qui n'a jamais aussi bien marché - le support physique se faisant petit à petit remplacé par le support live donc encore plus vivant - je ne suis pas d'accord avec toi.

Je serais seulement d'accord avec toi qu'il n'y a plus de grandes stars, de grands groupes, en tout cas pas autant que dans les années 70-80. Voilà mon point.

Pour les inrocks et vice, j'avais bien compris mais on ne dirait que tu connais qu'eux car oui, c'est sûr que ce ne sont pas des références.

Anonyme a dit…

Désolé pour la dernière phrase et les fautes mais une erreur de frappe m'a fait publier mon message sans le vouloir.

j. a dit…

on ne s'est jamais mis a genoux devant une platine de disque.On l'utilisait pour ecouter le produit.
Aujourd'hui on fait de grande messe pour la sortie de la machine, peu importe ce qu'il y aura dessus.
Le message autour de la machine, le story telling, le marketing est une fin en soit maintenant. Normalement c'est juste un moyen.
bref, ce n'est pas une phrase en l'air, mais une réalité.

le debat du live est un autre débat. On fait la queue pour voir, pas pour acheter l'artiste. mais ne crois pas que "le marché du live se porte bien". pour quI ? dans quel conditions ?
c'est aussi un lieu commun. le marché du live est dur, plus dur qu'avant; plus fermé, plus difficile, moins rentable. Pour les petits groupes, et même pour les stars du 2.0. Lis l'article sur Imogen Heap. ca te donnera une bonne idée sur ce qui attend un artiste, même au plus près de ses fans et suivi par des millions de gens, alors imagine le petit groupe de rock du coin :

http://www.guardian.co.uk/music/pda/2010/may/26/imogen-heap-twitter-tour-woes

ca c'est la réalité.

Oli a dit…

je pense que les gens ici essaient de trouver une cause, un responsable et une solution à tout ça. Mais c'est qu'un constat. Et des solutions il n'y en a pas aujourd'hui. Le gouffre entre les gens qui écoutent de la musique, et ceux qui "entendent" de manière passive, và devenir de plus en plus large. D'un coté je remercie cette pénurie d'artiste parce qu'elle m'a permis de prendre le temps d'écouter des groupes des 80s/90s que je ne connaissais que de noms. Après pour les personnes qui ont vécu cette époque, le fait de savoir que la probabilité pour qu'un nouveau groupe, avec un nouveau son débarque aujourd'hui, est très faible, doit être frustrant au plus haut point. Après ce que je trouve agréable, et qui nous permet aujourd'hui tous de sortir de la masse c'est notre manière de consommer la musique. La majorité reste le mp3 certes, mais il y a encore des gens qui achètent des cd's, des vynils, cette diversité en matière de consommation de musique nous permet au final de tous se sentir différent.

Oli a dit…

petit bug : " et donc d'éviter cette uniformisation causé par cette fast food music et l'ère du tout numérique."

Anonyme a dit…

Mardi 15 juin grève
Force Ouvrière.
Viens, viens Camarade !

Punktitude a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Punktitude a dit…

Salut



Ta réflexion sur le basculement de l'adoration de l'artiste vers l'adoration d'un produit (la machine, ici) m'évoque inévitablement l'œuvre d'Andy Warhol qui avait vraiment tout anticipé à ce niveau là. Je te renvoie vers l'excellent (génial même) essai de Cécile Guilbert, "Warhol Spirit", qui décrypte la parole et la pensée de l'Artiste, bien au delà de ses célèbres sérigraphies.



On y apprend sa passion pour le vide (et pas le néant), il prophétise à juste titre en 1984 que "le vide est en train de s'emparer de la planète", ce qu'on peut constater tous les jours que dieu ne fait plus, et que tu constates toi même. Vide de la pensée, vide de l'inspiration, vide de l'émotion, vide du lien social, vide du projet, etc.



Il avait annoncé en 1966 que "bientôt, toutes les choses à la mode seront identiques" (ce que tu fais remarquer à propos de la musique d'aujourd'hui) et surtout que "tous les grands magasins deviendront des musées et tous les musées deviendront des grands magasins", façon de décrire ce que deviendra l'art, un produit à consommer, et les magasins, des galeries à visiter comme on allait au musée jadis. Basculement avéré, c'est tellement évident.



Enfin, je te conseille cette lecture si ce n'est déjà fait, car la pensée de Warhol est géniale, mais celle qui l'a mise en scène dans cet essai l'est pas mal aussi.

Tu trouveras de larges extraits du livre ici http://www.warholspirit.com/index.html

Luis Cypherr a dit…

Une bien belle analyse...
Un brin marketée (je suis celui qui vous ouvre les yeux, suivez-moi, bonnes âmes).
Nan, allez, je crois en la sincerité de l'auteur.
D'ailleurs, un passage mérite approfondissement : celui de l'effacement de la mémoire collective.
Fichtre, tu as raison. Et pour illustrer cela, une mode qui mériterait au minimum la prison : les compilations de groupes cultes.
Par groupes cultes, je veux parler de ceux qui ont travaillé durement, qui ont créé des oeuvres musicales et non des branleurs qui allongent 12 morceaux insipides et qui appellent ça "album".
Revenons aux compilations.
Tiens, Nirvana. Nirvana ? Pour le grand public, c'est un gentil groupe qui faisait des ballades unplugged.
Les Doors ? Ah ouais, the end, avec les hélicos.
Les Who ? hein ? ky ca ?? Ah, le générique de la série les experts ? Et quoi ? Ils ont repompé behind blue eyes ?ah non, c'est eux qui ont fait cette chanson en 1er ??!!?
Led Zepplin ? ah ouais, stairway to heaven, bien sur.

Et voilà comme on détruit l'essence même des oeuvres musicales. Comme on annihile un univers musical. Juste en gardant 2 ou 3 morceaux sortis de leur contexte. Arrachés à leur histoire.
Et qu'on replonge dans le consumériste le plus méprisable.

On vend de la musique - censée créer des émotions, des communautés - comme du papier toilette. Quoique, le papier toilette, on le vend pas comme le rouleau de la décennie tous les 6 mois. Mais au final, la destination reste la même : faire du fric avec les excréments.

Matériels ou auditifs.

Finalement, ce n'est pas si choquant qu'on en arrive à vénérer des objets : le marketing n'a pas encore tué le rêve lié à certaines marques. Le marketing n'a pas vulgarisé jusqu'à les massacrer les codes sociaux liés à certaines marques.

Les icônes humaines et artistiques ont étées sacrifiées par les majors : il est plus facile de contrôler un chanteur, un groupe lambda qu'une légende.
Une légende, un vrai artiste dicte ses lois à la major, n'a pas besoin de la major pour exister. Et ça, c'est pas rentable : la musique est devenue un commerce comme un autre, vulgaire, périssable ; les chanteurs sont des simples employés interchangeables selon les modes vestimentaires ou auditives.

Tiens, me voilà aussi dépressif et fataliste qu'un Jay.
Vite, un album de The Who.

CAPTAIN a dit…

Steve Jobs est un grand artiste ! c'est lui le nouveau Michael Jackson. Enfin sans le coté pédophile, j'ai l'impression.
L'industrie musicale mérite ce qu'elle est en train de subir.

Anonyme a dit…

je viens relire le passage sur l'indie, tu es le seul à le dire comme ça et ça me fait du bien.
parce que je suis à bout là.

Ziggypop a dit…

Quand je vois le parallèle que tu fais entre Congratulations de MGMT et The Piper At The Gates Of Dawn des Pink Floyd, il y a de quoi douter quant à ta capacité d'écoute et de réflexion lorsqu'il s'agit de musique un tantinet (trop ?) sincère et élaborée...

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